par pays

Ivan Wyschnegradsky
Compositeur français d'origine russe né le 4 mai 1893 à Saint-Pétersbourg, mort le 29 septembre 1979 à Paris

1978 © Isabelle de Rouville
Œuvres jouées à Voix Nouvelles
sa 21.09.1996 20h45 Quatuor à cordes n°2  
 
Biographie

Ivan Wyschnegradsky est né à Saint-Pétersbourg le 4 mai 1893. Son père est banquier et sa mère écrit des poèmes. Son grand-père est un mathématicien célèbre qui a été ministre des finances de 1888 à 1892. Après son baccalauréat, Wyschnegradsky entre à la Faculté de mathématiques. Il suit les cours, d'harmonie, de composition et d'orchestration (1911-1915) auprès de Nicolas Sokolov, professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. A partir de 1912, il entre à la faculté de droit.

La première oeuvre publique de Wyschnegradsky Andante religioso et funèbre est créée au théâtre Pavlovsk sous la direction d'Aslanov, en présence de César Cui. A la fin du concert, Cui «le félicite pour sa modération». En 1916, Wyschnegradsky compose la Journée de Brahma, qui deviendra plus tard la Journée de l'Existence, pour récitant, grand orchestre et choeur mixte ad libitum. En 1917, à la veille de la révolution, Wyschnegradsky termine ses études de droit. En novembre, son père est arrêté. Ivan adhère à l'idéal de la révolution russe et compose L'évangile rouge, opus 8.

En 1919, il élabore son premier projet de notation des 1/12 de ton. L'année suivante, Wyschnegradsky et sa famille émigrent à Paris. La maison Pleyel lui fabrique un piano à transmission pneumatique qui ne le satisfait pas entièrement (1921). Il souhaite faire construire un «vrai» piano à 1/4 de ton et pense qu'il ne peut le faire qu'en Allemagne. Il commande chez Straube un harmonium, type Moellendorf, à 1/4 de ton. En 1922 et 1923, il se rend à plusieurs reprises en Allemagne où il rencontre R. Stein, Alois Haba, J. Mager et W. Moellendorf. Il commande un piano à 1/4 de ton chez Foerster (1927). Le quatuor Vandelle crée le Prélude et fugue, opus 15 . Il publie le Manuel d'harmonie à quarts de ton (1932). Il compose les Vingt-quatre préludes dans tous les tons de l'échelle chromatique diatonisée à treize sons, pour deux pianos à 1/4 de ton (1934).

Le lundi 25 janvier 1937, il assiste au premier concert entièrement consacré à sa musique. Il rencontre Olivier Messiaen, puis plus tard Henri Dutilleux et Claude Ballif. Il enregistre le mouvement lent de la symphonie Ainsi parlait Zarathoustra pour quatre pianos à 1/4 de ton.

En 1942, il est arrêté par les Allemands et est transféré à Compiègne où il reste deux mois. Sa femme, de nationalité américaine, est arrêtée et transférée à Vittel. Le 11 novembre 1945, Gisèle Peyron et Mady Sauvageot, sopranos, Lili Fabrègue, alto, Yvette Grimaud, Yvonne Loriod, Pierre Boulez et Serge Nigg, pianos, donnent un concert d'oeuvres de Wyschnegradsky.

Atteint de tuberculose, il séjourne au sanatorium de St Martin-du-Tertre. André Souris donne en première belge, la symphonie Ainsi parlait Zarathoustra pour quatre pianos, (Bruxelles, 14 février 1947). Pierre Boulez, Yvette Grimaud, Claude Helffer et Ina Marika donnent en création le Deuxième fragment symphonique, opus 24 (Paris, 28 novembre 1951). La Revue Musicale publie un numéro spécial sur Ivan Wyschnegradsky et Nikolaï Obouhow.

En 1977, Martine Joste organise un grand concert à Radio-France. Au Canada, Bruce Mather fait de même. En 1978, Alexandre Myrat, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, crée la Journée de l'Existence. Ivan Wyschnegradsky est invité par le DAAD comme compositeur en résidence à Berlin. Il ne peut s'y rendre pour des raisons de santé. Radio-France lui commande un Trio à cordes.Il meurt le 29 septembre 1979.

Franck Jedrzejewski
dernière mise à jour: 1998